Schéma narratif, focalisation et points de vue de Seconde

Première générale Spé · Français — Bac de français 1ère

À retenir

• Le schéma narratif classique structure l'intrigue en cinq étapes majeures : situation initiale, élément perturbateur (ou déclencheur), péripéties, élément de résolution et situation finale. • La focalisation (théorisée par Gérard Genette) définit le point de vue d'où sont perçus les événements : - Focalisation zéro (narrateur omniscient) : le narrateur en sait plus que les personnages, sonde leurs pensées et anticipe l'avenir. - Focalisation interne : les événements sont filtrés à travers la conscience, les perceptions et la subjectivité d'un personnage précis. - Focalisation externe : le narrateur observe de l'extérieur, sans accès aux pensées intimes, comme une caméra neutre. • Les variations de point de vue permettent au romancier d'orchestrer le suspense, de créer des effets d'illusion ou de susciter une complicité étroite avec le lecteur.

Le cours

1. Le schéma narratif Le schéma narratif découpe une intrigue en cinq étapes : situation initiale, élément perturbateur (il crée un manque ou un déséquilibre), péripéties, élément de résolution, situation finale. Application au Chevalier de la charrette : la cour d'Arthur est réunie le jour de l'Ascension (situation initiale) ; Méléagant enlève la reine Guenièvre (élément perturbateur) ; la charrette, les épreuves et les combats du royaume de Gorre forment les péripéties ; la victoire de Lancelot sur Méléagant résout la crise ; la cour retrouve la joie (situation finale). 2. Narrateur et focalisation Qui raconte ? Un narrateur extérieur à l'histoire (récit à la 3e personne) ou un narrateur personnage (récit à la 1re personne). Qui voit ? C'est la focalisation, notion définie par Gérard Genette (Figures III, 1972). Focalisation zéro : le narrateur sait tout, entre dans toutes les consciences, anticipe. Focalisation interne : le récit se limite aux perceptions et pensées d'un personnage. Focalisation externe : le récit montre de l'extérieur, sans accès aux pensées. 3. Méthode en trois questions 1. Qui raconte ? (pronoms, présence d'un « je » qui commente) 2. Par les yeux de qui voit-on ? (verbes de perception, de pensée, modalisateurs comme « sans doute », « il lui sembla ») 3. Qu'est-ce que le lecteur sait de plus ou de moins que le personnage ? L'effet en découle : suspense, ironie, identification. Chez Chrétien de Troyes, le conteur intervient souvent (« je ») et sait tout, mais il choisit de taire le nom du héros pendant une grande partie du récit : le lecteur partage l'ignorance des personnages, ce qui entretient le mystère. 4. Attention Un récit à la première personne n'est pas forcément en focalisation interne : un narrateur âgé qui raconte sa jeunesse peut savoir ce que le jeune homme ignorait encore. Ne confonds pas non plus le narrateur (voix dans le texte) et l'auteur (personne réelle).

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