Colère politique et anticléricalisme : « Morts de Quatre-vingt-douze » et « Rages de Césars »

Première générale Spé · Français — Bac de français 1ère

À retenir

• « Morts de Quatre-vingt-douze » : les volontaires de 1792, morts pour la liberté, contre leur récupération bonapartiste (Cassagnac). • « Rages de Césars » : Napoléon III vaincu à Sedan, « L'Homme pâle » prisonnier. • Contexte : Sedan (2 septembre 1870) et chute du Second Empire. • Anticléricalisme : « Le Mal », un Dieu complice des autels dorés pendant que la mitraille tue.

Le cours

À retenir absolument « Morts de Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt-treize », sonnet daté « Mazas, 3 septembre 1870 », célèbre les volontaires de la Révolution, « pâles du baiser fort de la liberté ». Son épigraphe cite Paul de Cassagnac, journaliste bonapartiste qui invoquait les « pères » de 92 pour soutenir la guerre de l'Empire : Rimbaud retourne cet appel contre lui. « Rages de Césars » montre Napoléon III vaincu à Sedan et prisonnier : « L'Homme pâle » chemine « en habit noir, et le cigare aux dents », hanté par ses vingt ans de règne. L'anticléricalisme du Cahier s'exprime surtout dans « Le Mal » : un Dieu qui rit « aux grands calices d'or » des autels pendant que la mitraille tue et que des mères pauvres lui donnent leur sou. Comprendre la colère politique Rimbaud oppose deux usages de l'histoire : les morts de 1792 se sont battus pour la liberté contre les rois ; les bonapartistes de 1870 récupèrent leur gloire au service d'une guerre impériale. Après Sedan, le « César » n'est plus qu'un homme pâle et déchu : la satire remplace l'épopée. 1. Repère les héros : les soldats de Valmy et de Fleurus, morts pour la liberté. 2. Repère les cibles : Cassagnac et les bonapartistes, puis l'empereur déchu. 3. Actualise : la capitulation de Sedan (2 septembre 1870) et la proclamation de la République (4 septembre) donnent raison à la colère du poète. Piège classique Ne fais pas de « Rages de Césars » une malédiction de tous les conquérants : le poème vise un homme précis, Napoléon III, saisi dans sa défaite. Et ne cherche pas l'anticléricalisme dans « Morts de Quatre-vingt-douze » : c'est « Le Mal » qui s'en prend aux autels.

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