Registres comique, satirique et ironique de Seconde

Première générale Spé · Français — Bac de français 1ère

À retenir

• Comique : faire rire (gestes, mots, situation, caractère, répétition). • Satirique : faire rire contre une cible réelle pour dénoncer un vice ou un abus. • Ironique : dire le contraire de ce qu'on pense (antiphrase) en laissant des indices. • Chez La Boétie, la satire sert l'indignation : les « lourdauds » qui acclament leur maître pour un banquet.

Le cours

1. Trois registres à distinguer Comique : il vise à faire rire ou sourire, par le geste, les mots (jeux de mots, déformations), la situation (quiproquo), le caractère (manie, obsession) ou la répétition. Satirique : il fait rire contre une cible réelle (un groupe social, une institution, un vice) pour la dénoncer et corriger les mœurs. Le rire y est une arme. Ironique : l'auteur dit autre chose, souvent le contraire, de ce qu'il pense (antiphrase), en laissant au lecteur des indices pour comprendre : décalage avec le contexte, hyperbole, éloge excessif, fausse naïveté. Le comique peut être gratuit ; la satire a toujours une cible ; l'ironie est un procédé qui sert souvent la satire. 2. Repérer l'ironie Exemple (Voltaire, Candide, chapitre 3) : « Rien n'était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. » La guerre, boucherie racontée ensuite, est présentée comme un spectacle magnifique : l'éloge est une antiphrase. 1. Lire la phrase au sens littéral. 2. Confronter ce sens au contexte : si l'éloge contredit les faits rapportés, il y a antiphrase. 3. Chercher les signaux : superlatifs, accumulation de compliments, chute qui renverse tout. 4. Nommer la cible et la critique visée. 3. Application au Discours de La Boétie Le Discours est d'abord un texte d'indignation, mais la satire y affleure : La Boétie se moque des Romains qui criaient « Vive le roi ! » pour un banquet ou quelques pièces, ces « lourdauds » qui ne voyaient pas qu'on leur rendait une part de leur propre bien ; il rabaisse le tyran, souvent « le plus lâche et femelet de la nation », au rang d'un « hommeau ». Le rire y démasque l'absurdité de la servitude.

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