La coutume : première raison de la servitude volontaire

Première générale Spé · Français — Bac de français 1ère

À retenir

• « La première raison de la servitude volontaire, c'est la coutume. » • Nés et élevés dans la servitude, les hommes la prennent pour leur nature. • Exemples : Mithridate accoutumé au poison, les deux chiens de Lycurgue. • Les « mieux nés », instruits par l'étude, gardent le souvenir de la liberté.

Le cours

1. La thèse « Ainsi la première raison de la servitude volontaire, c'est la coutume. » Les hommes nés sous le joug, nourris et élevés dans la servitude, prennent pour naturel l'état dans lequel ils sont nés. Ils disent qu'ils ont toujours été sujets, que leurs pères ont ainsi vécu, et finissent par croire qu'ils sont tenus d'endurer le mors. La Boétie résume : la nature de l'homme est d'être libre, mais elle « tient le pli » que l'éducation lui donne. 2. Deux exemples antiques Mithridate, roi du Pont, s'était accoutumé peu à peu au poison au point de ne plus en être affecté : de même, l'habitude rend la servitude supportable. Les deux chiens de Lycurgue : le législateur de Sparte élève deux chiots de la même portée, l'un à la cuisine, l'autre à la chasse ; placés devant une écuelle et un lièvre, chacun court vers ce à quoi il a été habitué. La « nourriture » (l'éducation) l'emporte sur la naissance. 3. Ceux qui résistent à la coutume Il reste toujours quelques hommes « mieux nés » qui sentent le poids du joug et se souviennent de la liberté. Ils ont l'esprit clair et l'ont encore poli par l'étude : les livres leur font connaître d'autres temps et d'autres peuples. C'est pourquoi les tyrans se méfient du savoir : La Boétie remarque que le sultan turc a compris que les livres donnent aux hommes le sens de se reconnaître et de haïr la tyrannie. 4. Attention La coutume est la première raison, non la seule : La Boétie ajoute ensuite l'amollissement des peuples par les jeux et les divertissements, puis l'intérêt de ceux qui profitent de la tyrannie.

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