Le portrait moral et physique : blâme et éloge de Seconde

Première générale Spé · Français — Bac de français 1ère

À retenir

• Prosopographie = portrait physique ; éthopée = portrait moral. • Le portrait classique relie le corps et l'âme : le détail physique révèle le caractère. • Éloge (modèle à imiter) ou blâme (vice à dénoncer) : registre épidictique. • La chute, phrase brève finale, livre souvent le jugement du portraitiste.

Le cours

1. Les deux faces du portrait Prosopographie : description physique (visage, corps, vêtements, démarche, gestes). Éthopée : description morale (caractère, vices, vertus, habitudes). Le portrait classique les lie : le geste ou l'apparence trahit le caractère. On parle aussi de portrait en action quand le personnage se révèle par ce qu'il fait plutôt que par ce qu'on dit de lui. 2. Éloge et blâme Le portrait relève du registre épidictique : il loue (éloge) ou il blâme. L'éloge présente un modèle à imiter ; le blâme, souvent satirique, désigne un vice à fuir. Procédés fréquents : énumération, hyperbole, champ lexical mélioratif ou péjoratif, comparaison, et chute (dernière phrase brève qui livre le jugement). 3. Méthode d'analyse Exemple : chez La Bruyère (Les Caractères, 1688), Giton a « le teint frais, le visage plein », « la démarche ferme et délibérée » ; la chute « Il est riche » explique tout ce qui précède. 1. Classer les détails : physiques ou moraux. 2. Relever les termes valorisants ou dévalorisants : ils indiquent éloge ou blâme. 3. Montrer le lien entre le corps et l'âme (le geste révèle le vice). 4. Analyser la fin du portrait : souvent une pointe qui condense le jugement. 4. Dans le Discours de La Boétie Le blâme vise les courtisans du tyran : ils doivent guetter ses paroles, ses signes et ses yeux, n'avoir « ni œil, ni pied, ni main » qui ne soit occupé à épier ses volontés. Ce portrait en action montre un corps entièrement mis au service d'un maître.

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