La dénonciation des flatteurs, des mignons et des petits tyrans

Première générale Spé · Français — Bac de français 1ère

À retenir

• « Quatre ou cinq » maintiennent le tyran ; puis six cents, six mille, enfin des millions. • Chaque relais, soumis en haut, se fait « tyranneau » en bas. • Presque autant de gens profitent de la tyrannie qu'il y en aurait à aimer la liberté. • Les favoris vivent dans la crainte : le tyran n'aime ni n'est aimé.

Le cours

1. Le « ressort » de la tyrannie Après la coutume et les divertissements, La Boétie dévoile le « secret » de la domination : ce ne sont ni les gardes ni les armes qui défendent le tyran, mais une chaîne d'intéressés. « Ce sont toujours quatre ou cinq qui maintiennent le tyran, quatre ou cinq qui lui tiennent tout le pays en servage. » Ces cinq ou six favoris en ont six cents qui profitent sous eux ; ces six cents en tiennent six mille, à qui ils donnent des charges et des gouvernements. Et qui suit ce fil voit « non pas les six mille, mais les cent mille, mais les millions » se tenir au tyran par cette corde. 2. Les « tyranneaux » Chacun, soumis à celui qui est au-dessus, devient un petit tyran pour ceux qui sont au-dessous : La Boétie les appelle des tyranneaux. Par les faveurs, les gains et les places, il se trouve presque autant de gens à qui la tyrannie profite que de gens à qui la liberté plairait. Le tyran asservit ainsi les sujets les uns par les autres. 3. La misère des favoris La Boétie retourne l'envie qu'ils inspirent : Ils doivent non seulement obéir mais complaire, deviner les désirs du maître, renoncer à leur propre volonté. Ils ne sont jamais en sécurité : le tyran n'aime personne et n'est aimé de personne ; l'amitié n'existe qu'entre gens de bien. L'histoire le prouve : Néron fit périr Sénèque, son précepteur, et bien d'autres qui l'avaient servi. 4. Attention Ces courtisans ne sont pas de simples victimes : ils choisissent la servitude par intérêt et deviennent oppresseurs. Mais La Boétie insiste aussi sur leur malheur : leur sort n'est pas enviable, ce qui rend leur choix absurde.

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