Postérité du Discours : de la désobéissance civile aux lectures modernes de la liberté

Première générale Spé · Français — Bac de français 1ère

À retenir

• Imprimé par des protestants après la Saint-Barthélemy : 1574 (extraits), 1576 (texte complet). • Surnommé le Contr'un ; Montaigne refuse cet usage partisan. • Relu par Lamennais (1835), rapproché de Thoreau et de Gandhi, commenté en 1976 (Clastres, Lefort). • Actualité : la question du consentement à la domination.

Le cours

1. Une diffusion mouvementée Du vivant de l'auteur, le texte circule en copies manuscrites. Après la Saint-Barthélemy (1572), des protestants l'impriment : extraits dans le Réveille-Matin des Français (1574), version complète dans les Mémoires de l'État de France sous Charles IX réunis par Simon Goulart (1576). Il est alors lu comme une arme contre la monarchie ; on le surnomme le Contr'un. Montaigne, gêné par cet usage, renonce à l'insérer dans les Essais. 2. Relectures successives 1835 : Lamennais republie le Discours avec une préface, dans un esprit démocratique. XIXe-XXe siècles : on rapproche le texte de la « désobéissance civile » de Thoreau (1849) et de la non-coopération de Gandhi. Il s'agit d'une parenté d'idées : le refus de prêter son concours à un pouvoir injuste. 1976 : une édition commentée par des penseurs politiques, dont Pierre Clastres et Claude Lefort, fait du Discours une référence de la réflexion sur la domination et le consentement. 3. Pourquoi le texte parle encore Il pose une question sans date : pourquoi les hommes consentent-ils à leur propre domination ? Il propose un moyen sans violence : ne plus servir. Il décrit des mécanismes qui se retrouvent dans toute société : habitude, divertissements, réseaux d'intérêts. 4. Éviter l'anachronisme La Boétie n'est ni un révolutionnaire ni un théoricien de la démocratie : il ne propose aucune constitution et a servi fidèlement le roi. Distingue toujours ce que dit le texte et l'usage que chaque époque en a fait.

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